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Techniques de vannerie

Les techniques de vannerie sont extrêmement nombreuses et variées à travers le Monde. Elles sont le fruit du génie et d’un long apprentissage des Hommes de chaque région à avoir su observer ce que réalisaient déjà certains oiseaux par exemple et à avoir su déceler,  façonner et assembler les végétaux sauvages propices à la confection de nombreux ouvrages tressés indispensables à la vie quotidienne.

Ainsi, nous sommes les héritiers d’un patrimoine de savoirs-faire aussi varié que la vannerie sur arceaux, la vannerie spiralée, la vannerie française, la vannerie en nappe,  … et la liste est loin d’être exhaustive.
Nota : les termes employés ci-dessus sont très contemporains car il y encore quelques dizaines d’années, les techniques utilisées portaient tout simplement le nom de l’ouvrage réalisé. Ainsi, pour une même technique, on pouvait compter plusieurs dizaines de dénominations à travers la France avec parfois des variations en peu de distance.

La vannerie sur arceaux

Ces paniers peuvent être réalisés assez rapidement s’ils sont élaborés « en plein », c’est-à-dire que les arceaux et les brins d’osiers ne sont pas fendus.
A moins que l’osier, ou tout autre matériau de tressage, soit très fin, cela donne souvent des paniers grossiers, très ajourés et d’une résistance qui laisse parfois à désirer.
Toutefois, réalisés avec application, ils peuvent être très esthétiques, décoratifs et contenir de petites choses mais ce ne sont en aucun cas des paniers robustes de travail.

Petit panier rond
Petit panier rond

Les paniers sur arceaux tels que je les conçois sont assez longs à fabriquer mais d’une solidité à toute épreuve avec un fond lisse et régulier et, tant qu’à faire, esthétique. Ils étaient le plus souvent fabriqués par les paysans pour leur propre usage. Ils servent à tout ! Travaux des champs, ramasser les pommes, étendre le linge, ramener du bois pour le poêle, ramasser de l’herbe pour les lapins ou encore les champignons …

"Anatomie" d'un panier sur arceaux
« Anatomie » d’un panier sur arceaux

La structure d’un panier sur arceaux est constituée d’une anse assemblée avec la bordure du panier. L’œil du panier réalisé en éclisse d’osier (ou tout autre matériau) assure un bon équerrage entre ces deux pièces maîtresses et participe à l’esthétique du panier.  Les côtes, ou arceaux, placées de manière symétrique de part et d’autre de l’anse, terminent la structure du panier en formant une sorte de coque de bateau. Enfin, un tressage bien serré et jointif conférera au panier toute sa solidité.

« Stages de vannerie sur arceaux »

La vannerie spiralée

C’est la technique de vannerie la plus ancienne (10 000 ans voire peut-être 35 000 ans avant J-C).
Les Hommes inventèrent donc la vannerie par la pratique de cette technique à la fois très simple et demandant une certaine dextérité.

Elle est constituée d’un colombin de paille (seigle, blé, jonc, molinie, carex, …) enroulé sur lui-même en colimaçon et cousu par un lien végétal (ronce, osier, …).

Les Hommes de la Préhistoire confectionnaient ainsi de nombreux récipients de formes et de contenances variables servant à contenir et protéger les diverses récoltes (céréales , fruits, …) mais aussi à contenir de l’eau … en les enduisant d’argile. Ensuite, apparut la terre cuite.

Corbeille en paille de seigle et ronce
Corbeille en paille de seigle et ronce

« Stages de vannerie spiralée »

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Notre façon de travailler en maraîchage biologique

Nous avons choisi de cultiver en agriculture biologique (AB) car nous souhaitons proposer des légumes sains (sans produits chimiques de synthèse) et savoureux.

Le cahier des charges de l’AB garantit des conditions de production favorisant la santé du consommateur, du producteur et de leur environnement.

  • Pas d’utilisation d’engrais chimiques
  • Pas d’utilisation de produits de traitement de synthèse
  • Pas d’utilisation de désherbant chimique
  • Rotation des cultures

Le désherbage

Culture de printemps sous serre: fenouil, carotte et pomme de terre
Culture de printemps sous serre: fenouil, carotte et pomme de terre

Nos cultures sont désherbées à la bineuse tractée, la herse étrille, mais aussi en grande partie à la main et à la binette.

Binette à étoile pour sarcler
Binette à étoile pour sarcler

Lorsque nous avons assez de temps, nous paillons certaines cultures avec du vieux foin.

Culture de courgette paillée au foin
Culture de courgette paillée au foin

Pour faire face au surcroît de désherbage, nous embauchons un salarié l’été.

Il est également possible de réaliser un désherbage thermique. Il s’agit de provoquer un choc thermique au chalumeau à gaz sur les jeunes plantules d’adventices alors que la culture semée n’a pas encore germé. Cette opération assez délicate, nous ne la réalisons pas souvent car il faut intervenir au bon moment et cela consomme beaucoup de gaz.

Il existe des bâches plastiques biodégradables que l’on fixe sur le sol, puis que l’on perce pour planter.  Cela permet de diminuer considérablement le travail de désherbage. Elles sont fabriquées notamment à partir de maïs. Pour des raisons d’éthique nous ne les utilisons pas. Il nous paraît illogique de travailler avec des plastiques issus de l’agriculture conventionnelle.

Pour que les plantes soient en bonne santé et peu sensibles aux maladies : la prévention!

  • nous choisissons des variétés rustiques et adaptées au climat local
  • nous fertilisons modérément, avec du fumier composté
  • nous utilisons des extraits fermentés de prêle et d’ortie pour stimuler et renforcer les défenses des plantes

Cela nous permet de ne pas intervenir avec des insecticides totaux (comme le Pyrèthre par exemple qui est autorisé par le cahier des charges AB). Ces insecticides tuent aussi les « auxiliaires des cultures » tels que les larves de coccinelle, chrysopes, carabes…ainsi que toute une petite faune inoffensive mais indispensable à l’écosystème.

Culture de chou rave
Culture de chou rave

Le cas spécifique de la teigne du poireau: nous surveillons la culture et nous utilisons un insecticide spécifique à base de bacille (bacillus thuringiensis ) qui lutte contre les larves de ce papillon responsable des poireaux véreux.

Culture de poireau "gros jaune du Poitou"
Culture de poireau « gros jaune du Poitou »

Pour éviter les attaques d’insectes nous couvrons certaines cultures avec des filets du type « climax ». C’est le cas pour les carottes, panais, navets…

Culture de panais
Culture de panais

Nos plants de légumes

Nous produisons nos plants. Cela nous permet de proposer des variétés de légumes intéressantes pour leur goût, leur rusticité et leur conservation, et adaptées à notre terroir.

Plants d'aubergine en pépinière
Plants d’aubergine en pépinière
Betterave en pépinière
Plants de betterave en pépinière

L’arrosage

Lorsque cela est nécessaire, nous irriguons les cultures à l’aide de tuyaux « goutte à goutte ». Cet équipement présente l’avantage d’arroser uniquement le rang et de limiter les pertes par évaporation.

L’inconvénient majeur est de devoir passer beaucoup de temps à déplacer ces fameux tuyaux…

Culture de betterave arrosée au tuyau goutte à goutte.
Culture de betterave arrosée au tuyau goutte à goutte.

Récolte et conservation

Les légumes sont cueillis à la main et vendus très frais. Une cave nous permet de conserver naturellement nos légumes d’hiver sans consommer d’énergie et sans provoquer de choc thermique pour les légumes.

Stockage des pommes de terre en cave
Stockage des pommes de terre en cave

Pour aller plus loin

La terre ne reste jamais nue en hiver. Lorsque les cultures sont terminées, nous semons un couvert végétal de phacélie ou de seigle. Cela conserve et améliore la fertilité et la structure du sol et évite l’érosion hivernale due aux pluies. Ces couverts empêchent également le ruissellement responsable du colmatage et de la pollution des rivières. Ce n’est pas fini ! Cela évite aussi le lessivage responsable de la pollution des nappes phréatiques.

Engrais vert de seigle
Engrais vert de seigle
Engrais vert de phacélie
Engrais vert de phacélie

Nous préservons et replantons les haies.

Nous re-créons et préservons les espaces réservoirs de biodiversité: mares, prairies humides, ripisylve…

Quelques travaux à la ferme





 
Semis de carotte au semoir "Planet"
 
 
 
 
 

De la sittelle à la carotte

Pourquoi avoir choisi la sittelle torchepot pour emblème?

C’est un oiseau bâtisseur. Comme les premiers humains, il construit son nid dans une cavité qu’il aménage . Il maçonne le trou d’entrée avec de la terre pour l’adapter à sa taille. La sittelle est emblématique d’un bocage bien conservé car cet oiseau trouve des trous dans les vieux arbres pour nicher, notamment les chênes.

Nous avons besoin, nous producteurs, de ce type de paysage car les haies accueillent des prédateurs naturels des ravageurs des cultures. Elles ralentissent le vent, retiennent l’eau et fertilisent les champs par l’apport des feuilles mortes en automne.

Bien plus qu’un objet …

Une vannerie simple, robuste, fonctionnelle et esthétique.
Fonctionnelle, c’est sûr ! Esthétique, c’est une question de goût !

Je ne suis pas vannier professionnel. Je me suis formé tout seul ou presque, avec quelques conseils avisés de mon père, ma grand-mère et d’un grand-oncle pour le rempaillage. Bref une histoire de famille.
J’ai commencé mon premier panier il y a une dizaine d’années avec la volonté de ne pas perdre ce savoir-faire que pratiquait mon grand-père.
J’ai donc commencé par reproduire les paniers qu’il faisait, de type « limousin »,
selon la technique de vannerie sur arceaux.

Panier limousin
Panier limousin

Puis au fil des rares temps libres, je me suis initié à la vannerie spiralée faite de paille et de ronce, au rempaillage de chaises et à la vannerie française aussi appelée vannerie « en plein » ou vannerie à tressage hélicoïdal.
Oh … j’ai à progresser dans ces deux dernières disciplines, c’est tout l’intérêt !

Sauf cas très exceptionnels, j’utilise des matériaux naturels sauvages ou cultivés à la ferme.

Pas d’outillages sophistiqués et coûteux !
2 mains et 1 couteau suffisent !

Des mains aguerries sont bien plus précises et adaptables à de nombreux cas de figures que n’importe quel outil superflu.

Fente de l'osier en 2 éclisses
Fente de l’osier en 2 éclisses

Le couteau est l’outil essentiel à la réalisation de toutes les vanneries.
Quelques autres outils facilitent de temps à autres le travail : une pince fine d’électricien, un poinçon, un marteau, quelques petites pointes maintiendront provisoirement l’ébauche de l’ouvrage, un fendoir éventuellement . . .
. . . rien de bien sophistiqué.

Peu importe que le temps passe. On prend son temps !

Le temps d’imaginer son futur panier. Ce à quoi il servira. Quelle place de choix on lui réservera.
Le temps de réfléchir, de s’appliquer, d’effectuer posément chacun de ses gestes.
Le temps de s’arrêter, d’observer son panier, de s’assurer que son évolution est fidèle à ce qu’on avait imaginé.

Concentration et application
Concentration et application

Il s’engage vers un autre chemin ?
Pourquoi ne pas se laisser aller à cette nouvelle destination ?

Ah ! Il est déjà l’heure de se mettre à table ?! Le panier est loin d’être terminé. Bah, ce n’est pas grave, ce qui est fait est bien fait. On reprendra plus tard.

Entre octobre et février, le paysan fait son panier

La fabrication des paniers, qu’ils soient sur arceaux ou en paille, étaient autrefois un travail d’hiver. Les travaux des champs étaient limités et les soirées étaient longues. La sève des arbres étant descendue, c’était le moment de récolter les gaules de châtaignier, noisetier, bourdaine, les tiges de ronce ….
Toutes les conditions étaient donc réunies pour que les paysans occupent utilement leurs soirées d’hiver.

Afin de faire partager ma passion pour la vannerie et faire vivre ce savoir-faire, je vous ai concocté un petit programme d’ateliers d’initiation OUVERTS A TOUS !

Cliquez sur l’image pour télécharger la brochure

Stage vannerie Normandie Manche

Matériaux

Les haies regorgent de trésors oubliés.

Si nous laissons la nature s’y exprimer, que nous savons utiliser ses matériaux avec raison et sans excès, chacun de nous est capable (avec l’envie, une initiation et un peu de patience) de créer de ses mains des objets beaux, utiles, durables (en opposition au tout jetable prôné par les lobbys de la consommation) qui ne coûtent rien et procurent du plaisir et de la satisfaction à faire soi-même.

C’est lors d’une promenade attentive sur les chemins bocagers ou le long des bois que vous imaginerez votre prochain panier en fonction des plus belles branches que vous dénicherez, toujours rectilignes et sans nœuds. La variété des essences exploitables en vannerie sur arceaux est suffisamment étendue pour que vous trouviez votre bonheur où que vous soyez.

La récolte du bois se faisant en hiver, les feuilles ne sont plus sur les arbres. Le novice en la matière pourra peut-être rencontrer quelques difficultés à identifier l’arbre qu’il a devant les yeux.
Avec l’habitude, à la silhouette, à la « bouille », on peut dire ce que c’est. Quand on a un doute, on regarde l’écorce et les bourgeons (leur forme et leur disposition entre eux). Et pour en avoir le cœur net, si les feuilles ne sont plus sur les arbres, … elles sont au sol. Même si elles sont mélangées, l’addition des différents critères devraient vous amener à la bonne identification.
Voici donc quelques photos et dessins qui, j’espère, vous éclaireront.
Pour chaque essence, sont illustrés les bourgeons portés sur les rameaux de l’année, l’aspect des écorces âgées de 2 à 5 ou 6 ans selon les photos et la silhouette des feuilles.

  • Châtaignier
  • Noisetier
  • Bourdaine
  • Fusain
  • Frêne
  • Cornouiller sanguin
  • Saules
  • Clématite
  • Tilleuil
  • Lierre

Pour le tressage, le plus simple est d’utiliser de l’osier, très facile à cultiver dans un coin de jardin. Les brins les plus fins peuvent être utilisés en plein (sans les fendre). Les brins d’une section supérieure à 5mm en leur pied seront préférentiellement fendus en 2, 3 ou 4 selon leur grosseur.
Les nombreuses variétés d’osiers nous offrent des couleurs diverses (jaune, vert, beige, noir, rouge, pourpre, gris … et toutes leurs nuances).

Quelques vues de l’oseraie lors de son 2ème printemps.

3 variétés d’osiers en hiver prêts à être récoltés et bottes d’osiers secs de différentes variétés.

L’écorce des essences sauvages ont des teintes encore différentes et surtout présente des « motifs » difficiles à qualifier tant ils sont singuliers (zébrures, marbrures, dégradés, …).
On pourra ainsi réaliser des éclisses fendues de ronce, de lierre, de clématite, de glycine (ornementale), de tilleul, de cornouiller sanguin, de saules … ou des éclisses levées de châtaignier, de noisetier, de bourdaine, … mais toutes ces essences sauvages sont un peu plus difficile à « dompter » que l’osier qui, lui, est fort « conciliant ».

Le jonc récolté dans les prairies humides puis séché pourra servir à réaliser des vanneries spiralées ou à rempailler les chaises.

La paille de seigle est la plus couramment utilisée pour la fabrication des vanneries spiralées aux noms communs aussi variés que « palissou », « paillassou », « bignot », « bingot », « bine », « bourgnes », et bien d’autres encore.  La couture était le plus souvent réalisée en ronce.

La ferme et son environnement

Nous sommes installés depuis 2009, à Saint Vigor des Monts au bord de la Drôme (affluent de la Vire) dans le bocage normand. Notre ferme  forme une mosaïque d’espaces naturels diversifiés et de zones cultivées accueillant plus de 100 variétés de légumes en production biologique ainsi qu’une vie sauvage omniprésente. La production de légumes sains et savoureux, l’émerveillement et la découverte de la nature font partie de nos préoccupations quotidiennes. Les 6,5 ha de la ferme se répartissent en plusieurs parcelles cultivées de légumes de plein champ (1.6ha), de 1200 m² de serres non chauffées, d’une serre de pépinière, d’un petit verger, de prairies naturelles et de zones humides. Les parcelles sont séparées par de belles haies denses.

Culture sous serre de pomme de terre et carotte

Nous préservons les prairies humides car elles ont un rôle important pour la qualité de la ressource en eau, et pour la vie de la flore et de la faune sauvages.

Nous avons créé une mare afin de densifier le maillage de mares dans le bocage avoisinant, pour permettre aux espèces qui sont inféodées à ces milieux de pouvoir accomplir leur cycle de vie. Ce sont notamment les amphibiens, les insectes et plantes aquatiques.

Cette mare a été créée en 2015 en partenariat avec le Conservatoire des Espaces Naturels (CEN) de Basse Normandie.

Mare
Mare créée dans la prairie alluviale