Matériaux

Les haies regorgent de trésors oubliés.

Si nous laissons la nature s’y exprimer, que nous savons utiliser ses matériaux avec raison et sans excès, chacun de nous est capable (avec l’envie, une initiation et un peu de patience) de créer de ses mains des objets beaux, utiles, durables (en opposition au tout jetable prôné par les lobbys de la consommation) qui ne coûtent rien et procurent du plaisir et de la satisfaction à faire soi-même.

C’est lors d’une promenade attentive sur les chemins bocagers ou le long des bois que vous imaginerez votre prochain panier en fonction des plus belles branches que vous dénicherez, toujours rectilignes et sans nœuds. La variété des essences exploitables en vannerie sur arceaux est suffisamment étendue pour que vous trouviez votre bonheur où que vous soyez.

La récolte du bois se faisant en hiver, les feuilles ne sont plus sur les arbres. Le novice en la matière pourra peut-être rencontrer quelques difficultés à identifier l’arbre qu’il a devant les yeux.
Avec l’habitude, à la silhouette, à la « bouille », on peut dire ce que c’est. Quand on a un doute, on regarde l’écorce et les bourgeons (leur forme et leur disposition entre eux). Et pour en avoir le cœur net, si les feuilles ne sont plus sur les arbres, … elles sont au sol. Même si elles sont mélangées, l’addition des différents critères devraient vous amener à la bonne identification.
Voici donc quelques photos et dessins qui, j’espère, vous éclaireront.
Pour chaque essence, sont illustrés les bourgeons portés sur les rameaux de l’année, l’aspect des écorces âgées de 2 à 5 ou 6 ans selon les photos et la silhouette des feuilles.

  • Châtaignier
  • Noisetier
  • Bourdaine
  • Fusain
  • Frêne
  • Cornouiller sanguin
  • Saules
  • Clématite
  • Tilleuil
  • Lierre

Pour le tressage, le plus simple est d’utiliser de l’osier, très facile à cultiver dans un coin de jardin. Les brins les plus fins peuvent être utilisés en plein (sans les fendre). Les brins d’une section supérieure à 5mm en leur pied seront préférentiellement fendus en 2, 3 ou 4 selon leur grosseur.
Les nombreuses variétés d’osiers nous offrent des couleurs diverses (jaune, vert, beige, noir, rouge, pourpre, gris … et toutes leurs nuances).

Quelques vues de l’oseraie lors de son 2ème printemps.

3 variétés d’osiers en hiver prêts à être récoltés et bottes d’osiers secs de différentes variétés.

L’écorce des essences sauvages ont des teintes encore différentes et surtout présente des « motifs » difficiles à qualifier tant ils sont singuliers (zébrures, marbrures, dégradés, …).
On pourra ainsi réaliser des éclisses fendues de ronce, de lierre, de clématite, de glycine (ornementale), de tilleul, de cornouiller sanguin, de saules … ou des éclisses levées de châtaignier, de noisetier, de bourdaine, … mais toutes ces essences sauvages sont un peu plus difficile à « dompter » que l’osier qui, lui, est fort « conciliant ».

Le jonc récolté dans les prairies humides puis séché pourra servir à réaliser des vanneries spiralées ou à rempailler les chaises.

La paille de seigle est la plus couramment utilisée pour la fabrication des vanneries spiralées aux noms communs aussi variés que « palissou », « paillassou », « bignot », « bingot », « bine », « bourgnes », et bien d’autres encore.  La couture était le plus souvent réalisée en ronce.